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LE SERVICE DE PSYCHIATRIE DE L'HOPITAL PRINCIPAL DE DAKAR
UN ENVIRONNEMENT CONVIVIAL POUR UNE NOUVELLE DEMARCHE THERAPEUTIQUE
L'Hôpital Principal de Dakar poursuit sa modernisation pour mieux faire face aux exigences du millénaire induites par les progrès significatifs enregistrés dans le domaine médical, et répondre aux sollicitations d'une clientèle de plus en plus nombreuse et exigeante. Cet effort de modernisation s'est concrétisé, entres autres réalisations, par la construction d'un nouveau service de psychiatrie avec un style architectural qui répond à un souci d’homogénéité avec les infrastructures existantes.
Le nouveau service de psychiatrie baptisé "Pavillon France" a été construit sur le site de l’ancien service qui a été complètement rasé. La construction de ce joyau a été financée par la Coopération Française Sa mise en service entre dans le cadre de la modernisation des infrastructures entreprise depuis quelques années par le direction de l’établissement et répond au souci d’offrir aux malades internés un cadre et un environnement propice à favoriser une meilleure prise en charge.
Le service est construit sur deux niveaux et comprend :
Au rez-de-chaussée : 5 bureaux de consultation, 1 secrétariat, 1 salle d’attente, 1 bureau des infirmiers avec 2 chambres d’isolement, 5 chambres à 2 lits, 1 chambre à 1 lit, 1 office, 1 salle polyvalente (réfectoire salle de jeux) et 1 salle « Art Thérapie », un jardin central.
A l’étage : 1 salle d’attente, 1 local pharmacie , 1 salle de consultation, 1 bureau surveillant, 1 salle de gymnastique pouvant servir de salle de réunion, 1 salle polyvalente (réfectoire de jeux), 1 office, des vestiaires pour le personnel soignant, 3 chambres à 2 lits, 9 chambres à 1 lit, des escaliers de service, des escaliers de secours, des locaux techniques.
L’architecture du bâtiment a été conceptualisé avec la collaboration des psychiatres et répond à un souci d’homogénéité avec les infrastructures existantes. La façade principale est constituée d’arcades avec trames régulières et claustras pour assurer une meilleure sécurité. Toutes les chambres ont des toilettes incorporées et les salles d'isolement sont incorporées à la salles de soins et pour plus d'humanité, les malades y sont en contact permanent avec les personnels soignants.
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L'environnement est convivial, avec beaucoup d'espace pour permettre aux malades de se déplacer tout en ayant le sentiment d'être libres. Les bureaux de médecins et autres personnels de soutien sont spacieux . Tout ceci a une grande importance dans leur prise en charge des patients.
L'atelier "Art-Thérapie" : l'expression dans un univers symbolique partagé
Le service de psychiatrie de l'Hôpital Principal de Dakar avait mis en place, en 2004, un atelier d'art thérapeutique dans le but de promouvoir la santé mentale par l'expression artistique. Cette approche nouvelle de la thérapie mentale a été initiée par le Docteur Eric CAO, avec l'idée de trouver une activité aux patients. Il avait ainsi proposé à l'artiste Moussa SAKHO le déménagement de son atelier à l'hôpital pour encadrer les patients qui avaient presque tous souscrit à la démarche du praticien. Ainsi, tous les après-midis de la semaine, deux artistes connus de la place offrent leurs prestations dans l'encadrement des patients.
Cette démarche avait abouti au vernissage de la première exposition de peinture ouverte en 2005 à la galerie d'art "Yassine Arts Galery" et qui avait connu un franc succès. Et depuis lors, une exposition de peinture a lieu au service de psychiatrie de l'Hôpital Principal, à l'occasion de la biennale des Arts de Dakar. L'atelier "Art-Thérapie" de l'Hôpital Principal est très attractif et draine beaucoup de visiteurs. En 2006, il a été primé meilleure exposition "Off" de la biennale.

Certaines des œuvres exposées lors de ces manifestations ont été réalisées par les patients du service de psychiatrie, avec le soutien de nombreux artistes peintres qui ont aidé des personnes en souffrance psychologique transitoire ou durable à s'exprimer et à tenter d'inscrire leurs difficultés singulières dans un univers symbolique partagé. Pour le Docteur Tabara Sylla, certains patients utilisent l’art pour extérioriser leurs souffrances leurs peines ou joies. L' exposition d'un œuvre qu'il a réalisée a beaucoup d'importance pour le patient car, pour quelqu’un que la société marginalise en règle générale, recevoir des félicitations est plutôt réconfortant sur le chemin de la thérapie.
Il est procédé à la vente des œuvres réalisées par les patients du service de psychiatrie ; et les recettes doivent servir à développer d'autres formes d'accompagnement et de soins alternatifs.
Le service assure aussi une mission de formation en psychiatrie militaire pour les personnels médicaux et paramédicaux, mais aussi des missions de sensibilisation dans le cadre du programme de soutien psychologique des Armées, surtout pour les troupes devant aller en opération extérieure, des visites d'aptitude psychologique pour les grandes écoles militaires, d'expertise militaire en matière de psychiatrie. Dans le cadre de la formation des médecins du CHU, le service reçoit des stagiaires pour la formation d'internes en psychiatrie.
Toujours dans le cadre de la formation, le service de psychiatrie organise quotidiennement des staffs pour la formation des infirmiers et l'assistance aux soignants en difficultés. Il fait appel à des compétences extérieures pour certaines formations spécifiques ( formation en psychodrame pour les paramédicaux, formation en thérapie systémique pour les médecins, formation en prise en charge de la toxicomanie, etc)
Le service fonctionne avec trois (3) psychiatres dont deux militaires et un vacataire ainsi qu'un psychologue (vacataire), ce qui paraît insuffisant compte tenu des nombreuses missions qui lui sont dévolues et du fait que ces médecins sont souvent appelés hors du service. Ces médecins sont assistés par 1 surveillant de soins, 5 infirmiers d'Etat, 5 aides-infirmiers, un major administratif, une secrétaire et 4 agents du service hospitalier, pour réaliser près de 300 consultations par mois.
Dans le cadre de la démarche thérapeutique, le service anime plusieurs ateliers (groupes de parole d'addictologie, écriture et expression corporelle, peinture, couture).
Le réfectoire du service, un service collectif pour favoriser l'échange et les contacts
Et toutes les semaines, il est organisé un groupe de parole dans le cadre d'un "Penc" (assemblée) animé par la psychologue et les infirmiers, qui permet aux patients et à leurs accompagnants de prendre la parole et de parler de leur vécu par rapport à la maladie, mais aussi par rapport à leur séjour dans le service. Ce "Penc" est un espace très important qui permet de relever les dysfonctionnements dans le service, en matière de comportement des patients , et d'améliorer ainsi les relations soignant-soigné. Il permet aussi de préparer son acceptation de la maladie et le retour du malade dans son foyer.
Le service de psychiatrie est confronté à un défi de maintenance de l'infrastructure. Et sur ce plan, il faut saluer la sollicitude du médecin-chef par rapport au règlement des problèmes qui se posent et dans ce cadre, l'espoir est permis que le problème crucial du renforcement des ressources humaines va trouver une solution dans les meilleurs délais. Un problème de sécurité physique du soignant se pose aussi, inhérent au manque d'effectif.
un large éventail de missions et une démarche thérapeutique innovante
Le service de psychiatrie de l'Hôpital Principal a pour mission principale la prise en charge psychiatrique et psychologique des patients qui y sont référés, mais il assure aussi la psychiatrie des liaisons, dans ce sens qu'il intervient dans les autres services de l'établissement pour la prise en charge des patients ayant un besoin d'assistance psychologique (en cas de tentative de suicide par exemple). Il est inscrit au Plan Blanc de l'hôpital, et en période de crise, de catastrophe ou d'accident collectif avec afflux massif de blessés, le service se voit chargé des débriefings psychologiques.